Tueries: un blog surveillé

7 maart 2007

Selon nos infos, la police fédérale surveille depuis dix-huit mois un forum de discussion spécialement consacré aux tueries du Brabant. La cellule de Jumet est intéressée par le fait que plusieurs anciens acteurs de ces dossiers, présentés comme ex-Belges, s’expriment librement, de l’étranger, sur tueriesdubrabant.be. On semble deviner l’intervention de l’ancien directeur adjoint de la prison de Saint-Gilles Jean Bultot. En tout cas, des propos attribués à Bultot apparaissent dans le blog. L’ancien gendarme Christian Amory semble un fidèle.

Mais l’homme clé qui apparaît le plus souvent est son ex-collègue Robert Beijer. Utilisant les lettres B. R., l’ancien gendarme de BSR dit vouloir utiliser cet outil pour chercher la vérité, du moins rétablir nombre d’inexactitudes sur son compte. C’est saisissant. Le blog publie des plans, des cartes d’état-major, des vues aériennes, des suggestions de pistes, des indices négligés, des détails rares. Beijer rapporte de nombreux souvenirs sur Madani Bouhouche.

B. R. confirme à quel point dans ses souvenirs Bouhouche s’intéressait aux dispositifs policiers de sécurité installés autour des Delhaize, cibles potentielles des tueurs du Brabant. Quand il lui demandait pourquoi il voulait connaître les plans, Bouhouche lui répondait qu’il voulait être là quand les tueurs se feraient arrêter, qu’il voulait d’ailleurs les arrêter lui-même et toucher la prime. Bouhouche n’a jamais répondu que c’était pour bien localiser les Delhaize non surveillés.

Sur le blog consacré aux tueries, B. R.-Beijer admet: il y avait des éléments troublants concernant Bouhouche, même ses proches se posaient des questions mais il n’y a jamais eu d’éléments concrets. Enfin, le blog publie une photo de Bouhouche à côté du portrait-robot d’un tueur. Beijer joue le jeu. Un visiteur non identifié l’interroge sur ses séjours au Luxembourg. Il minimise: “Je n’y allais que comme touriste, avec une amie”.

On lui demande: “Fallait-il tuer Francis Swarts?”
B.R. répond: “J’en sais rien”.

On lui demande où est le corps: “Je ne sais pas le dire avec certitude”.

“Mais soyez content, poursuit-il, que j’accepte le dialogue: rien ne m’y oblige. Si cela vous gêne, dites-le et je disparais instantanément de vos écrans.”

B.R. raconte ses entraînements au tir à Bourg-Léopold (où il croise Bouhouche et Mendez, tué plus tard); les soupçons de Mendez (sur Bouhouche, après le vol de ses armes); les confidences qu’il dit avoir reçues de l’armurier de Wavre braqué par les tueurs en septembre 1982: le nom de Bouhouche, dit-il, fut déjà cité; le “regard déterminé” d’un des tueurs du Brabant.

D’Asie, Beijer reconnaît qu’on “n’est jamais que le pion de quelqu’un d’autre” (…) “Il est possible que je me sois fait manipuler, je n’ai aucune honte à le dire puisque moi-même je jouais ce jeu-là (manipuler les autres, NdlR).” Expert en manip, B.R. explique, sur le blog des tueries, comment l’expert vedette des tribunaux de l’époque, feu Claude Dery, a selon lui manipulé la justice avec le chef d’enquête (décédé) Goffinon, pour stopper le procès de la filière boraine, le but de la manoeuvre et comment celle-ci a échoué.

B.R. raconte les meurtres des Libanais d’Anvers, une mission reçue, dit-il, de deux Russes de l’ambassade de Paris rencontrés au Métropole à Bruxelles. Et il donne leurs noms. Voilà pourquoi, depuis 18 mois, la police ne rate pas une virgule de ce qui s’écrit sur le blog.

Bron » La Dernière Heure

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