Tueries du Brabant: le confident de Jean-Marie Tinck témoigne

18 juni 2014

La RTBF livre un témoignage exclusif à propos du dossier des Tueries du Brabant, des meurtres et des attaques de grands magasins dans les années 80 qui ont fait 28 morts. Et il n’y a toujours aucun coupable identifié à ce jour. Nous avons retrouvé le témoin français qui a relaté aux enquêteurs les confidences reçues de Jean-Marie Tinck. Ces déclarations permettent de comprendre pourquoi la justice le garde en prison.

C’est par intermittences lors de balades en voilier que Jean-Marie Tinck a confié son histoire à ce témoin. Tout aurait commencé par un recrutement à l’armée: “Il m’a parlé qu’il aurait tué ou blessé quelqu’un, je ne sais pas exactement. Et qu’il a été obligé de faire ce qu’on lui a demandé de faire pour éviter la prison. Et donc il y est allé quoi…”

Il aurait alors reçu une formation très dure sur le plan psychologique. Avec un ultime test: exécuter par balle un autre candidat qui ne convenait pas.

L’organisation lui aurait alors assuré une relative impunité lors de ses ennuis ultérieurs. “Il a été une fois condamné. Il m’a dit qu’il n’est pas resté en prison parce qu’il a fait marcher des relations. Et la deuxième fois, au lieu de faire 20 ans, on lui a dit: ‘tu feras cinq ans'”.

Jean-Marie Tinck aurait confié aussi avoir participé dans le même cadre aux Tueries du Brabant: “Il m’a dit qu’il y a un enfant qui était dans une voiture et qui a été tué par un de l’équipe à bout portant. Et que le soir, cela ne leur avait pas plu comme le gars avait fait pour tuer cet enfant dans la voiture. Ils l’ont pris, ils ont été dans un endroit, creusé un trou. Et le gars leur a demandé pour qui était ce trou. Ils lui ont répondu ‘c’est pour toi, pour le gosse que tu as tué’. Et ils l’ont tué et ils l’ont mis dedans.” D’autres victimes de la bande auraient aussi été enterrées sur ce même terrain.

Le témoin ajoute que, sur le bateau, Jean-Marie s’enfermait toujours dans sa cabine avec un couteau et parfois un fusil à pompe sous sa couchette.

Jean-Marie Tinck n’est pas mythomane, selon une première expertise psychiatrique. Mais il peut mentir. Son système de défense présenterait des failles. Les enquêteurs cherchent maintenant à tirer tout cela au clair.

Bron » RTBF

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