L’ancien braqueur François Troukens rejoint BelRTL et tourne pour le cinéma

5 februari 2015

François Troukens, ancien truand emprisonné plusieurs années pour braquages (Villers-la-ville), a beaucoup appris en prison. D’emblée, évacuons la question qui fâche. François Troukens y répond, à travers notre entretien, sans qu’on ait réellement à lui forcer la main. “Suis-je légitime sur le plateau de On refait le monde sur Bel RTL? Bien sûr que je me suis posé la question. Quand Patrick Weber me l’a demandé, j’y ai réfléchi. C’est une responsabilité de commenter l’actu. Qui suis-je pour donner mon avis à l’antenne? Mais aujourd’hui, je suis un auteur, j’ai une licence de lettres et j’ai un vécu… Si on oublie mon passé, on peut se poser la question suivante: en quoi un avocat présent dans l’émission serait légitime pour parler de politique internationale, par exemple? RTL m’a engagé comme polémiste dans l’émission. Et je suis honoré de le faire.”

François Troukens, ancien truand emprisonné plusieurs années pour braquages (Villers-la-ville), a beaucoup appris en prison. C’est là qu’il a commencé à développer sa passion pour l’écriture, de scénarios de films notamment. Il parle de résilience. Dit qu’il “a perdu beaucoup de temps”. “Aujourd’hui, j’écris, je suis cinéaste.”

Vous êtes cinéaste, cela veut dire que le projet d’un film tournant autour des Tueries du Brabant a finalement vu le jour?

“Pas encore. J’ai mis en boîte il y a quelques jours CAÏDS , qui est un film court que j’ai écrit en prison. J’avais envoyé le scénario à Versus production, sans dire qui j’étais. J’ai pensé à un moment aussi utiliser un pseudo. Ils ont aimé mon scénario. Et c’est pas facile de produire un mec comme moi. Il faut être courageux quand même ! Je tire du milieu que j’ai connu une force. Mais l’idée n’est pas de faire que des films sur ça, que des thrillers. J’ai dans l’idée une adaptation de Lafontaine. Le film autour des Tueries du Brabant, le tournage devrait commencer en 2016. J’ai terminé le scénario. Ce film parle de la surmédiatisation, comment on devient l’ennemi public numéro un. Ça ne raconte pas ma vie. Et en toile de fond, il y a les tueurs du Brabant qui reviennent.”

Pour ce film, vous aviez rencontré Joey Starr, ce qui vous avait valu un nouvel emprisonnement, récemment…

“Oui, à cause d’un procureur qui a fait, je dirais, un peu d’excès de zèle. Je rencontrais Joey Starr le comédien, parce que je l’ai trouvé excellent dans Polisse. Ce n’est pas une de mes connaissances, je suis plus proche, par exemple, de Bouli Lanners, qui est venu plusieurs fois me voir en prison.”

Vous avez abandonné l’idée de faire tourner Joey Starr?

“Non, il est toujours pressenti pour le film. J’ai l’autorisation aujourd’hui de pouvoir travailler avec d’anciens détenus pour développer mes projets artistiques.”

Vous gagnez votre vie en écrivant, en faisant des films?

“Je vis avec minimum 450 euros par mois. Je suis intermittent du spectacle. Si je ne travaille pas, je ne gagne rien en plus. La vie d’artiste, c’est difficile. Là aussi j’ai été confronté à la réalité. On a tendance à croire qu’un réalisateur gagne 1 million d’€ par film!”

Votre plus grand regret aujourd’hui, c’est d’avoir, comme vous le dites, perdu du temps avant de vous consacrer à votre passion?

“Non, mon plus gros regret c’est d’avoir blessé un policier. Ça me travaille. À ce moment-là, je me suis rendu compte qu’être braqueur, ce n’était pas du cinéma. Je pense avoir voulu être gangster car j’ai cru que c’était comme au cinéma!”

C’était il y a quelques jours sur les antennes de Bel RTL: François Troukens faisait son entrée en tant que polémiste, autour de Patrick Weber dans On refait le monde.”On a démarré avec des journalistes. Petit à petit, on a ajouté des personnalités de la société civile qui amènent leur vécu et leur opinion. Comme on parle souvent du monde pénitentiaire, je me suis dit que c’était bien de l’entrevoir différemment, que par l’intermédiaire d’avocats…”

“J’ai trouvé le discours de François Troukens intéressant : sans être un bad boy mais sans paraître angélique non plus.” Il y a quelques jours, nous dévoile Patrick Weber, l’ancien truand désormais cinéaste “a réussi son test. Je ne vais pas mentir, il y a eu des réactions parfois négatives. Mais des positives aussi.” Il reviendra donc la semaine prochaine. L’émission On refait le monde a-t-elle tenté (et réussi) un coup de pub? “La radio, c’est un média d’habitudes pour le public. Il faut y créer des surprises”.

Bron » La Dernière Heure

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