Tueries du Brabant: la piste de l’extrême droite

13 februari 2012

Les 21 perquisitions menées mardi dernier en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre visaient, selon le procureur du Roi de Charleroi Christian De Valckeneer, les milieux d’extrême droite, proches ou lointains, évoqués dans l’enquête sur les tueries du Brabant wallon, ces attaques de commerces et de supermarchés qui firent 28 morts au début des années 80.

Ces perquisitions simultanées, menées notamment dans les régions de Charleroi et de Gand, auraient débouché sur la saisie de “différents objets”, selon Het Laatste Nieuws qui révélait l’information samedi, mais sur aucune interpellation ni, a fortiori, d’inculpations. L’examen des “objets saisis” devrait prendre plusieurs semaines.

Cette vague de perquisitions, ordonnées par la juge d’instruction Martine Michel, résulte d’une relecture de certains pans de ce gigantesque dossier (1.200.000 pages) et de confidences qu’aurait reçues la cellule Brabant wallon qui, l’an dernier, avait enregistré 500 informations nouvelles.

Ces perquisitions relancent la piste de l’extrême droite et des tentatives de déstabilisation de l’Etat, piste maintes fois évoquée depuis le début de l’enquête, il y a 27 ans. L’entourage de l’ex-gendarme Madani Bouhouche, décédé accidentellement en France en 2005 (une chute d’un arbre), a souvent été évoqué, de même que celle du truand Philippe De Staerke, un temps inculpé des huit meurtres commis au Delhaize d’Alost mais qui a bénéficié depuis d’un non-lieu devant la chambre du Conseil. Des proches de Bouhouche, B. et A., ex-gendarmes, soumis au détecteur de mensonges, n’ont pas failli.

Patricia Finné, la fille d’une des victimes des tueries du Brabant, s’interroge sur ces perquisitions. “C’est un rebondissement, mais en 27 ans d’enquête, j’ai appris à être prudente. Depuis des années, tant d’espoirs ont été suscités.”

La Cellule d’enquête Brabant wallon a connu, ces derniers mois, de nombreux soubresauts. Lionel Ruth en fut écarté. Eddy Vos, chef d’enquête durant plus de 15 ans, a présenté sa démission après avoir fait le tour de cette affaire colossale, avouant ne plus pouvoir dessiner les traits d’une nouvelle piste crédible.

La dernière perquisition effectuée dans le dossier Tueurs du Brabant wallon eut lieu en 2006 dans le prolongement de la mort accidentelle de Madani Bouhouche.

L’acte d’instruction posé mardi dernier n’est pas anodin. Il repose, sans doute, sur des indices crédibles qu’il faudra transformer en preuves. L’enquête sur les Tueries n’aura, aujourd’hui, plus que 1.364 jours à vivre avant que la prescription intervienne.

Bron » Le Soir

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