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Meurtrier à Samrée, il y a 30 ans ?

L’assassinat de deux jeunes Suédoises près de La Roche, en 1980, va-t-il être résolu ? Un tueur en série l’a évoqué à la télé hollandaise.

Près de trente ans après la découverte de leurs corps, dans le parc du château de Bois-Saint-Jean à Samrée (La Roche), l’assassinat d’Ann-Louise Jonsson, 19 ans à l’époque des faits, et d’Ingeborg Johansson, 18 ans, va-t-il être résolu ?

Koos Hertogs, un tueur en série néerlandais, incarcéré aux Pays-Bas depuis 1982 pour l’enlèvement, le viol, et le meurtre de trois jeunes filles, a déclaré à la télévision hollandaise qu’il savait des choses à ce propos. Sans dire qu’il a lui-même tué les deux jeunes touristes. Mais l’homme, aujourd’hui âgé de 60 ans, n’a jamais reconnu les faits pour lesquels il a été condamné.

Les corps d’Ann-Louise Jonsson et Ingeborg Johansson avaient été découverts le 8 mai 1980 par un bûcheron, dans une hêtraie traversée par l’allée d’accès au château du comte de Limburg-Stirum, à Samrée. Ingeborg Johansson avait été tuée de deux balles dans la tête ; sa compagne d’un seul projectile, dans la tête également. Selon le médecin légiste, elles avaient été exécutées entre 6 et 7 heures, ce matin-là. Les deux jeunes filles étaient vêtues ; aucune des deux n’avait subi de violences sexuelles.

L’identité d’Ann-Louise Jonsson était cousue sur un de ses vêtements. Sur cette base, les enquêteurs belges avaient rapidement obtenu l’identité de sa compagne : les deux jeunes Suédoises voyageaient en auto-stop, vers le sud de l’Europe. Elles étaient passées par les Pays-Bas, avant d’arriver en Belgique, où les attendait une fin tragique

L’absence de bagages, et la disparition d’une somme d’argent importante, dont elles étaient porteuses, laissaient croire que le vol était le mobile de leur assassinat.

Un ami d’enfance

L’enquête allait explorer plusieurs pistes, mais sans succès. Et le dossier, finalement, était classé sans suite.

Il a rebondi ce week-end, avec une interview de Koos Hertogs, diffusé à la télé néerlandaise par un journaliste d’investigation, Peter R. de Vries, qui avait entrepris l’an dernier de dresser le portrait du tueur en série.

Pour ce faire, Peter R. De Vries avait fait appel à un ami d’enfance du détenu, qui renouait le contact par écrit, puis le rencontrait. Dans les lettres échangées, puis dans une interview réalisée en caméra cachée, Koos Hertogs reconnaissait pour la première fois les faits pour lesquels il a été condamné aux Pays-Bas. Et il ajoutait détenir des informations sur l’assassinat, en 1980, des deux jeunes Suédoises.

Une première partie de ces entretiens a été diffusée le 4 avril dernier. La seconde a suivi avan-hier, malgré une action en référés du détenu, qui avait obtenu l’interdiction de la diffusion des images tournées à son insu. Peter R. De Vries est passé outre, et les téléspectateurs néerlandais ont eu droit aux confidences du détenu.

Qui regrettait peut-être d’avoir trop parlé, notamment à propos des faits de Samrée, pour lesquels il n’a jamais été interrogé ? Plus pour longtemps sans doute, puisqu’on sait que les deux victimes étaient passées, la veille de leur mort, dans un dancing, dont il était portier…

Bron » L’Avenir