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Tueries du Brabant : une date d’exhumation fixée pour “faire parler l’ADN”

La tombe de la mère de Xavier et Thierry Sliman sera exhumée le 27 mai, à Charleville-Mézières (Ardennes). Une étape potentiellement décisive pour éclaircir le mystère des “tueries du Brabant” qui ensanglantèrent la Belgique dans les années 1980.

L’exhumation de la mère de Xavier et Thierry Sliman, deux frères aujourd’hui décédés et que la justice belge suspecte d’avoir été “les tueurs fous du Brabant”, aura lieu le 27 mai au cimetière de Charleville-Mézières (Ardennes), a-t-on appris de sources proches de l’enquête. En décembre 2025, la cour d’appel de Mons (Belgique) avait ordonné cette exhumation pour tenter de percer l’une des plus marquantes affaires criminelles non résolues survenues en Europe lors du dernier demi-siècle.

Figures du banditisme français, Xavier et Thierry Sliman sont ciblés par la justice belge pour être les éventuels responsables de de cette série de hold-up ultra-violents et aux butins souvent dérisoires qui ensanglantèrent la région du Brabant, au centre de la Belgique, et la France, à Maubeuge. De 1982 à 1985, 28 personnes ont perdu la vie lors de ces attaques, qui visaient principalement des supermarchés. Cette affaire, “cold case” presque sans équivalent sur le continent, a traumatisé la Belgique.

Entre 1982 et 1985, deux vagues d’attaques

Quarante ans plus tard, l’affaire a récemment rebondi après avoir frôlé la clôture en juin 2024. “C’est une grande satisfaction pour les parties civiles que je représente”, confiait l’avocat Patrick Ramaël, en décembre dernier. Cette exhumation à venir, réalisée dans la perspective d’analyses ADN, constitue une demande répétée des parties civiles. “Cette piste, je l’avais proposée lors de cette réunion de clôture où l’on nous avait expliqué que tout avait été fait”, rappelait encore Me Ramaël.

Ses demandes répétées de “faire parler l’ADN”, rejetées par le juge d’instruction, ont fini par être acceptées par la chambre des mises en accusation, l’équivalent belge de la chambre de l’instruction. Lors des dernières années, une dizaine de policiers belges restait mobilisée pour tenter de percer cette sanglante énigme, multipliant les vérifications et, déjà, exhumant des dépouilles pour confronter des ADN à celui notamment laissé par un des tueurs à l’arrière d’un taxi.

À Charleville-Mézières (Ardennes), la tombe où est enterrée la mère des frères Sliman, suspectés de figurer parmi les auteurs des tueries du Brabant en Belgique dans les années 1980.

Patrick Ramaël n’oubliait pas de mentionner Jean-Pierre Adam, ce gendarme français retraité qui, depuis plus de deux décennies, a développé dans des livres la crédibilité de cette “piste française” des frères Sliman. Dans leur chronologie, les crimes commis par les “tueurs fous du Brabant” s’étaient scindés en deux vagues : la première en 1982-83, la seconde en 1985.

Si la première s’était déroulée relativement “à bas bruit”, la seconde, à l’automne 1985, fut extrêmement sanglante avec 16 personnes tuées entre le 27 septembre et le 9 novembre 1985, parmi lesquelles des familles en train de faire leurs courses. L’une des hypothèses longtemps privilégiées fut la piste d’un terrorisme d’extrême droite cherchant à déstabiliser l’État belge.

Bron » France Info

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