C’est le chef d’enquête qui travaillait en 2016 dans le dossier des tueries qui allait sortir de l’oubli le témoignage de Pierre Romeyer. À l’époque, le procureur général Christian De Valkeneer est à la manœuvre.
Pour son chef d’enquête, ce qu’il nomme “l’Incident Romeyer” est lourd de sens. Joint à d’autres (problématique Ronquières, etc.), il révèle que dès la première tuerie – l’attaque à Wavre de l’armurerie Daniel Dekaise le 30 septembre 1982 – les tueurs “avaient un ou des complices à la police ou la gendarmerie”.
À cette vision s’oppose celle que partagent d’autres anciens enquêteurs soutenus par exemple par la profileuse Danièle Zucker. Pour eux, les dires de Pierre Romeyer sont douteux. Ils sont difficilement compatibles avec les constatations balistiques et les éléments matériels.
D’autre part, M. Romeyer, qui se trouvait à 150 mètres, ne pouvait pas affirmer certaines allégations. Il lui était par exemple impossible de prétendre que les deux individus qui se trouvaient dans la Santana étaient “maquillés”.
Son témoignage est en tout cas de moindre valeur et intérêt que ceux des gendarmes de la BSR de Wavre Roland Campine et Bernard Sartillot qui se trouvaient quant à eux entre 3 et 5 mètres de la voiture.
Rappelons que pendant la poursuite depuis Wavre vers Hoeilaart, Roland Campine (décédé, malheureusement, depuis des années) a cru un instant reconnaître l’ex-gendarme Madani Bouhouche.
Pour revenir à Pierre Romeyer, ces enquêteurs sont allés jusqu’à douter de la réalité du fameux coup de fil “Si tu parles on aura ta peau”, reçu peu après les faits dans son restaurant La Maison de Bouche.
Trois mois plus tard, les tueurs s’introduisaient dans le restaurant Auberge du Chevalier à Beersel et l’année suivante, attaquaient le restaurant Les Trois Canards à Ohain.
Bron » La Dernière Heure